L’accord commercial entre l’UE et le Japon ouvrira les portes du marché nippon au vin européen

L’accord commercial entre l’UE et le Japon ouvrira les portes du marché nippon au vin européen

Grâce à l’accord commercial négocié entre l’Union Européenne et le Japon, la barrière qui bloquait l’exportation du vin européen sur ce marché à forte demande, sera levée.

Cet accord qui créera l’une des plus vastes zones de libre-échange économique du monde fera passer les taxes douanières de 15% à 0%, une fois approuvé par le Conseil européen des chefs d’Etat et du Parlement européen. Une opportunité en or pour les acteurs européens du secteur qui se frottent déjà les mains. Il faut dire que l’ensemble des parties prenantes espère ce feu vert pour le premier trimestre de l’année prochaine, notamment en janvier.

Attendre l’entrée en validité du texte

Cependant, ceux-ci ne s’emballent pas pour ce qui est d’un impact direct et instantané sur le marché japonais. Selon Jean-Marie Barillère, coprésident du Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC), représentant du négoce, « une fois l’accord ratifié, il faut qu’il soit effectivement mis en place. Pour nous, il est donc trop tôt pour parler de l’impact sur le Japon. ». Une déclaration faite au quotidien Le Monde.

En effet, cet accord favorisera un fort règne sur ce marché, mais aussi sur le marché sud-coréen, un autre mastodonte de la consommation vinicole sur le continent asiatique. C’est ce qu’explique Patrick Jestin, le numéro 1 de la société de négoce bordelaise CVBG-Dourthe-Kressmann. Selon lui, depuis la mise en vigueur en 2011, de l’accord de libre-échange entre l’UE et Seoul, les volumes de vin exportés ont cessé de décroître. Par la suite, il indique que : « La problématique sur les marchés japonais ou coréen, c’est que les Australiens et les Chiliens ont, durant les quinze dernières années, négocié des droits de douane égaux à zéro. Une distorsion de concurrence qui nous a fait perdre des parts de marché sur les bordeaux les moins chers. ».

bouteille de vin avec tir bouchon et verre

Comparaison avec le marché sud-coréen, l’un des plus dynamiques d’Asie

En Corée du Sud, même si les exportations européennes ont bondi de 50% depuis l’accord de 2011, le pays reste une destination bien modeste pour le vin hexagonal, note Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). En réalité, au terme de l’année écoulée, La Corée du Sud n’était que le dix-neuvième acheteur de vins et  spiritueux produits en France, avec des ventes estimées à 87 millions d’euros. C’est surtout 0,7% du total de la commercialisation des alcools français à l’étranger.

La société Jolivet est l’une des firmes françaises les plus présentes sur ce segment avec des parts de marché de vin de Loire correspondantes à 15 000 bouteilles. Un quota atteint grâce à un accord que la société a noué avec un important importateur local.

Mais pour Pierre Jolivet, qui contrôle cette société, les perspectives pour le marché japonais sont plus intéressantes. « Le Japon est un de nos principaux marchés. Les Japonais aiment les produits français, le luxe et tout ce qui est raffiné. Les vins blancs se marient très bien avec leur cuisine », a-t-il dit. Cependant, il existe un léger couac. Celui de la fluctuation du Yen, la monnaie du Japon.

Le Yen, une barrière de plus ?

D’après Pierre Jolivet, au Japon, l’un des facteurs répulsifs n’est pas lié aux taxes mais à  la fluctuation du yen par rapport à l’euro. Pour sa société, le prix moyen de la bouteille est de 1 000 yens, soit 7,65 €. Au-delà, les droits de douane se font moins sentir, d’autant qu’ils sont plafonnés. De l’autre côté, la marque « Jeanjean » dont la moyenne de la bouteille est de 10 000 yens, a tout de même affiché une progression de son chiffre d’affaires de 17 % au Japon en 2017, soit 8 millions d’euros.

Quoiqu’il en soit, la santé financière de plusieurs firmes françaises à l’image de CVBG-Dourthe-Kressm sur le marché japonais est au beau fixe. Selon notre source, l’archipel nippon a représenté 10 % du chiffre d’affaires du négociant bordelais, évalué à 137 millions d’euros.

 

Laisser un commentaire